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Posté le 16/02/2005 09:11:39 | | Les traitements de la ménopause augmenteraient les risques d'accident vasculaire.
Une revue britannique en révèle les dangers
"Le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause est associé à un risque accru d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), en particulier de type ischémique", affirment les auteurs britanniques d'une enquête publiée dans l'édition du samedi 8 janvier du British Medical Journal. Philip Bath et Laura Gray, de l'université de Nottingham, ont passé au crible 28 essais, incluant un total de près de 40 000 femmes, pour parvenir à cette conclusion, qui remet en question une idée qui paraissait logique.
En effet, les hormones sexuelles féminines semblent conférer une protection contre les AVC. D'une part, avant la ménopause, les femmes font moins d'AVC à âge égal que les hommes. D'autre part, l'incidence des AVC chez la femme s'accroît rapidement après la ménopause, au moment où les taux d'œstrogènes et de progestérone dans le sang chûtent. Il paraissait donc logique de supposer qu'en apportant les hormones sexuelles faisant défaut, on réalisait une prophylaxie de l'AVC.
Cela constituait un avantage supplémentaire pour un traitement préconisé pour combattre les symptômes gênants de la ménopause (bouffées de chaleur...) et réduire la perte osseuse conduisant à l'ostéoporose.
Or, certaines études ont laissé entendre qu'il n'en était rien, bien au contraire. La revue de la littérature ("méta-analyse") effectuée par Philip Bath et Laura Gray les amène à confirmer cet effet négatif et à le quantifier : le THS augmenterait globalement de 29 % le risque d'AVC. L'augmentation ne concernerait pas les formes hémorragiques d'AVC, mais celles, ischémiques, où une ou plusieurs artères cérébrales se bouchent.
PRESCRIRE AVEC DISCERNEMENT
De plus, en cas d'AVC, le THS serait un facteur péjoratif : les formes sévères (décès, handicap, dépendance) sont de 56 % plus élevées chez les femmes sous THS que chez celles ne prenant pas ce traitement. Les auteurs notent que, dans les publications consultées, il n'y avait pas d'hétérogénéité entre les essais où un œstrogène était utilisé seul et ceux où il était associé à de la progestérone.
De même, ils n'ont pas observé de différence selon le type d'œstrogène prescrit, mais estiment qu'il faut peut-être pousser plus loin les études sur ce point. Ils n'écartent pas non plus l'hypothèse de doses hormonales trop importantes pour expliquer ces résultats.
Après les études confirmant l'augmentation du risque de voir apparaître un cancer du sein (Le Mondedu 19 novembre 2004), ce travail confirme qu'il faut prescrire avec plus de discernement les THS.
Paul Benkimoun
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